Publié : Posted: Jun 06, 2018

PREMIERE FEMME ARCHITECTE DIPLOMEE DE L’ESSACA

Emmanuelle Karell DJOMBI est la première femme diplômée de l’ESSACA. Agée de 24 ans, elle est titulaire du General Certificate of Education (GCE) Advanced Level, diplôme délivré dans le système d’enseignement secondaire anglophone du Cameroun.

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Après plusieurs années d’existence de l’ESSACA et trois promotions de Master en architecture déjà enregistrées, comment se fait-il que jusqu’ici il n’y ait qu’une seule femme qui soit diplômée de cette grande école ? Il y a lieu de se poser la question, d’autant plus que des quatre jeunes femmes qui ont précédé Mlle Djombi à l’ESSACA, aucune n’a pu aller au terme de sa formation pour diverses raisons. Comment le Cameroun peut-il espérer faire de grandes avancées en matière d’égalité de genre dans ce domaine ? Voici le parcours d’une jeune femme dont l’avenir est très prometteur.

Karell, ainsi que tout le monde l’appelle, commence à l’ESSACA par la classe préparatoire, au terme de laquelle elle a passé son concours d’entrée en première année. Grâce à sa passion pour le métier d’architecte, elle s’est accrochée en harcelant ses parents qui ont dû consentir à de lourds sacrifices afin d’accompagner leur enfant.

Brillante, elle a été présélectionnée par le Directeur Exécutif de l’ESSACA, avec son ainé Nelson NDJOUNE, pour être proposée à faire un stage à Bordeaux Métropole, mais comme elle partait de toute manière effectuer cette année-là sa mobilité étudiante à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage Bordeaux, c’est finalement son camarade Nelson qui a été privilégié pour ce stage.

S’il fallait dresser son portrait physique et moral, nous dirions que c’est une frêle jeune femme serviable, douce et effacée, dont l’apparence cache une détermination et une endurance affirmées. Sa lettre de motivation pour son admission à l’ESSACA précise ses ambitions : « ... être architecte pour participer au développement de mon pays, faire valoir l’art d’habiter tout en respectant les valeurs humaines, la nature et l’environnement ». Ainsi fidèle à ses valeurs, son mémoire de Master en architecture a pour sujet : « Quartiers précaires à Yaoundé - Chaos ou reconsidération de la ville » et est illustré par une proposition concrète de restructuration d’un quartier de Yaoundé avec des modules habitables, avec pour dédicace de projet « A l’amour et à la vie ».

Très tôt, elle a fait ses stages étudiants dans un cabinet d'architecture de Douala, où elle a tellement été appréciée que les stages furent renouvelés chaque année, et qu’elle y a été recrutée immédiatement après qu’elle ait obtenu son diplôme. Sa persévérance et son exemple ont stimulé les autres étudiantes lui ayant succédé à l’ESSACA, à telle enseigne que trois jeunes femmes soutiendront leur Master en architecture en novembre prochain à l’ESSACA.

A l’impossible nul n’est tenu! Nous lui souhaitons bon vent et espérons que dans son sillage beaucoup plus de femmes s’inscriront à l’ESSACA pour devenir des architectes chevronnées et, pour rêver le plus loin possible, qu’une diplômée de l’ESSACA obtiendra un jour la distinction la plus haute décernée en architecture, à savoir le prix Pritzker. Considéré comme le prix Nobel de l’architecture, ce prix créé en 1979 n’a à ce jour, et après quarante éditions, été décerné qu’à une seule femme, la britannique d’origine irakienne Zaha Hadid. Ceci illustre à suffisance l’immensité des défis de l’approche genre, objectif n°5 des Objectifs du Développement Durable (ODD), en matière d’architecture. Par son positionnement, l’ESSACA est ouverte pour accompagner toutes celles qui sans préjugé aucun, veulent s’engager dans le beau métier de l’architecture et, pour paraphraser Karell, « participer au développement de l’Afrique, faire valoir l’art d’habiter en respectant les valeurs humaines, la nature et l’environnement » ; et j’y ajouterais « le vivre ensemble ».

Paulette Erna RIM NKOCK, Communicatrice des Organisations.

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